Jeune couple observant la vue depuis les fenêtres d'un appartement vide
Publié le 19 janvier 2026

12000 . C’est l’écart moyen que je constate entre le budget prévu et le coût réel d’un achat dans l’ancien sur mon secteur. Une somme qui retarde des projets de plusieurs mois, parfois d’une année entière. Vous hésitez entre un appartement avec cachet et un programme neuf aux finitions impeccables ? Cette question paralyse la majorité des primo-accédants que j’accompagne dans le nord de Montpellier.

Le dilemme est légitime : d’un côté, l’ancien promet des prix au mètre carré plus accessibles et une entrée rapide dans les lieux. De l’autre, le neuf affiche des garanties solides et des frais d’acquisition réduits. Deux promesses séduisantes. Deux réalités financières très différentes. Mon quotidien d’agent immobilier m’a appris une chose : le bon choix dépend moins du type de bien que de votre situation personnelle. Budget serré, délai contraint, tolérance aux travaux, éligibilité aux aides – chaque critère pèse dans la balance.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement immobilier. Consultez un conseiller financier, notaire ou courtier pour toute décision d’achat adaptée à votre situation personnelle.

Ancien et neuf : deux réalités de marché bien distinctes

13%

des locataires de moins de 35 ans déclarent vouloir acheter dans les 12 mois (INSEE, juin 2024)

Cette proportion, issue d’une enquête INSEE sur les intentions d’achat des ménages, illustre l’appétit des jeunes actifs pour l’accession. Vous êtes probablement dans cette tranche d’âge si vous lisez cet article. La question n’est plus de savoir si vous voulez acheter, mais comment y parvenir avec un budget maîtrisé.

Sur le terrain, les délais diffèrent nettement selon votre choix. Comptez 4 à 6 mois pour un achat dans l’ancien, de la recherche active jusqu’à la remise des clés. En VEFA (Vente en l’État Futur d’Achèvement), cette durée s’étire à 12-24 mois selon l’avancement du chantier. Si vous trouvez un programme neuf déjà achevé, le délai se réduit à 3-5 mois – mais le stock reste limité. Ces observations sont basées sur 45 transactions primo-accédants que j’ai accompagnées sur le secteur nord de Montpellier entre 2024 et 2025.

Programmes neufs : délais plus longs mais garanties constructeur incluses



L’ancien représente environ 80% des transactions immobilières en France. Ce chiffre s’explique par une offre bien plus abondante et des emplacements souvent mieux desservis. Les quartiers centraux, proches des transports et des commerces, sont historiquement construits depuis des décennies. Le neuf, lui, se développe majoritairement en périphérie ou dans les zones de rénovation urbaine.

Cette répartition géographique n’est pas anodine. Elle impacte directement votre quotidien : temps de trajet, accès aux services, qualité de vie. Mon conseil ? Posez-vous d’abord la question du lieu avant celle du type de bien. Un appartement ancien bien placé peut surpasser un programme neuf excentré, même avec des travaux à prévoir. Tout dépend de vos priorités.

Les dossiers que j’accompagne montrent une tendance claire : les primo-accédants avec un budget inférieur à 200 000 € se tournent majoritairement vers l’ancien. Au-delà de ce seuil, le neuf devient accessible sans sacrifier la surface ou l’emplacement. Cette frontière varie selon les marchés locaux – à Paris, elle se situe bien plus haut.

Le vrai coût d’achat : frais cachés et budget réaliste

Voici une vérité que beaucoup de primo-accédants découvrent trop tard : le prix affiché d’un bien ne représente qu’une partie du budget nécessaire. Les frais annexes peuvent transformer une bonne affaire en gouffre financier. Mon avis est tranché sur ce point : sous-estimer ces coûts reste l’erreur la plus coûteuse que je vois chez les acheteurs débutants.

Selon le Crédit Agricole e-immobilier, les frais de notaire dans l’ancien s’établissent en moyenne entre 7 % et 8 % du prix d’acquisition en 2025. Dans le neuf, cette proportion chute à 2 % à 3 %. Sur un bien à 200 000 €, l’écart atteint 8 000 à 12 000 €. Une somme considérable.

Le récapitulatif ci-dessous compare les principaux postes de dépense pour un T3 à 200 000 €. Chaque ligne détaille l’écart réel entre les deux options. Ces fourchettes correspondent aux transactions que j’observe sur le marché montpelliérain.

Ancien vs neuf : comparatif coût total pour un T3 à 200 000 €
Poste de coût Ancien Neuf VEFA Écart
Frais de notaire 14 000 – 16 000 € 4 000 – 6 000 € + 10 000 €
Travaux prévisibles 5 000 – 25 000 € 0 € + 5 000 à 25 000 €
Charges copropriété (an 1) 1 800 – 3 000 € 1 200 – 2 000 € + 600 à 1 000 €
Délai entrée dans les lieux 4 – 6 mois 12 – 24 mois – 6 à 18 mois
Coût total estimé 220 000 – 244 000 € 205 000 – 208 000 € Variable
Ancien rénové : le charme des volumes, mais attention au budget travaux



Dans mon activité d’agent immobilier sur le nord de Montpellier (environ 60 dossiers primo-accédants par an depuis 2021), la sous-estimation des frais de notaire dans l’ancien reste l’erreur la plus fréquente. L’écart entre le budget prévu et le coût réel atteint souvent 8 000 à 12 000 €, retardant le projet de plusieurs mois. Ce constat est limité à mon secteur et peut varier selon le prix du bien et la commune.

Attention aux passoires thermiques

Depuis le 1er janvier 2025, la mise en location des logements classés G au DPE est interdite. Cette interdiction sera étendue au 1er janvier 2028 aux logements classés F, puis au 1er janvier 2034 aux logements classés E, selon Vie-publique.fr. Si vous envisagez de louer un jour votre bien ou de le revendre, un DPE défavorable pèsera lourd.

L’erreur que je vois le plus souvent ? Craquer pour un appartement ancien à prix attractif sans budgétiser la rénovation énergétique. Un bien classé F nécessite en moyenne 15 000 à 40 000 € de travaux pour atteindre la classe D. Ces montants peuvent varier selon la surface, l’isolation existante et les artisans choisis. Si vous souhaitez approfondir les spécificités de ce type d’achat, consultez le guide sur comment acheter une maison à rénover.

Le neuf échappe à ces surprises. Garantie décennale, garantie de parfait achèvement, conformité aux normes thermiques actuelles – vous partez sur des bases saines. Le prix affiché correspond réellement au budget final, hors mobilier et décoration. Cette prévisibilité rassure les banques et facilite l’obtention du crédit.

Quel profil de primo-accédant pour quel type de bien ?

Avez-vous vraiment les moyens de patienter 18 mois pour entrer dans votre logement ? Cette question, peu de primo-accédants se la posent avant de signer une réservation VEFA. Le délai de livraison bouleverse pourtant toute l’équation : loyer à payer en attendant, incertitude sur les taux, évolution professionnelle. Chaque situation appelle une réponse différente.

Depuis le 1er avril 2025, le PTZ (Prêt à Taux Zéro) est étendu à l’ensemble du territoire pour l’achat de maisons individuelles neuves et d’appartements neufs, sans distinction de zone. Pour les maisons neuves, le PTZ couvre entre 10 et 30 % du montant de l’opération immobilière selon les revenus, d’après les nouvelles conditions PTZ 2025 de Service-Public. Cette extension change la donne pour de nombreux acheteurs.

Quel type de bien correspond à votre profil ?

  • Budget serré + entrée rapide souhaitée :
    Orientez-vous vers l’ancien à rafraîchir. Privilégiez les biens DPE C ou D pour éviter les travaux lourds. Prévoyez 10 % du prix pour les imprévus.
  • Budget serré + patience possible :
    Le neuf en VEFA avec PTZ maximise votre capacité d’emprunt. Les frais de notaire réduits compensent partiellement le prix au m² plus élevé.
  • Budget confortable + exigences qualité :
    Ciblez le neuf achevé ou les derniers lots de programmes livrés. Vous évitez l’attente tout en bénéficiant des garanties constructeur.
  • Budget confortable + cachet recherché :
    L’ancien rénové offre volumes et caractère. Vérifiez les PV d’assemblée générale pour anticiper les travaux de copropriété votés.

Pour évaluer précisément votre capacité d’emprunt selon chaque option, utilisez un outil de simulation de prêt immobilier. Les résultats varient sensiblement selon que vous intégrez ou non les frais de notaire dans le financement.

Cas concret : couple primo-accédant secteur Castelnau-le-Lez, 2023

Profil : couple 32 ans, deux CDI (ingénieur + infirmière). Budget total : 220 000 € tout compris. Apport : 35 000 €. Recherche : T3 à moins de 20 minutes de Montpellier centre.

Blocage initial : hésitation entre un ancien rénové trouvé à 195 000 € (mais DPE F nécessitant 25 000 € de travaux énergétiques) et un programme VEFA à 215 000 €.

Issue : choix final pour la VEFA. Frais de notaire : 4 500 € au lieu de 15 000 € dans l’ancien. Livraison 14 mois après réservation. Budget respecté, aucune mauvaise surprise.

Ce cas illustre un arbitrage fréquent. Le prix facial de l’ancien semblait plus attractif. Mais en additionnant frais de notaire et travaux obligatoires, le neuf revenait moins cher. La patience requise pour la livraison était le seul inconvénient – compensé par la tranquillité d’esprit.

Mon conseil pour votre situation : listez vos contraintes non négociables avant de chercher. Date limite d’emménagement, budget travaux maximal acceptable, éligibilité PTZ – ces paramètres éliminent naturellement certaines options. Le bon bien est celui qui respecte vos limites, pas celui qui vous fait rêver sur photo.

Les étapes clés avant de vous engager

Un couple que j’ai accompagné en 2022 a failli perdre 8 000 € de dépôt de garantie. La cause ? Une signature de compromis précipitée sans vérification du financement. Le vendeur pressait, l’émotion l’emportait. La banque a refusé le prêt trois semaines plus tard. Ce type de mésaventure survient plus souvent qu’on ne le croit. C’est évitable.

La chronologie d’un achat réussi suit une logique implacable. Brûler les étapes expose à des blocages coûteux. Voici les vérifications incontournables que je recommande systématiquement avant tout engagement, qu’il s’agisse d’ancien ou de neuf.

10 vérifications avant de signer



  • Obtenir un accord de principe bancaire écrit (pas une simple simulation)


  • Calculer le coût total incluant frais de notaire, travaux et déménagement


  • Vérifier votre éligibilité au PTZ auprès d’un courtier ou de votre banque


  • Analyser le DPE et estimer le coût des travaux si classement E, F ou G


  • Consulter les trois derniers PV d’assemblée générale (copropriété)

Ces points concernent principalement l’ancien. Pour le neuf, ajoutez la vérification des garanties proposées (décennale, parfait achèvement, dommages-ouvrage), la réputation du promoteur et les délais contractuels de livraison avec les pénalités prévues en cas de retard.

Le risque de retard en VEFA est réel. Les délais moyens constatés sur mon secteur dépassent souvent de 3 à 6 mois les dates annoncées à la réservation. Ce décalage impacte votre budget si vous payez un loyer en attendant. Négociez des pénalités de retard claires dès la signature du contrat de réservation.



Le conseil de Marc Lenoir

Dans ma pratique quotidienne, je recommande de ne jamais signer un compromis avant d’avoir rencontré un courtier. Cette étape prend une heure et peut vous faire économiser des milliers d’euros. Un courtier compare les offres, négocie les conditions et identifie les aides auxquelles vous avez droit. Ce conseil s’applique particulièrement aux primo-accédants qui méconnaissent les subtilités du financement immobilier.

  1. Prenez rendez-vous avec 2 courtiers minimum pour comparer leurs propositions
  2. Demandez une simulation incluant assurance emprunteur et frais de garantie
  3. Faites chiffrer précisément le reste à vivre après mensualité

Cet avis est basé sur mon expérience dans le secteur nord de Montpellier. Chaque situation nécessite une analyse personnalisée par un professionnel du financement.

La dernière étape avant de vous lancer : visitez sur le site alpaca.immo les biens disponibles correspondant à vos critères. Vous pourrez comparer concrètement les options ancien et neuf sur votre secteur de recherche, avec des prix réels et des caractéristiques détaillées.

Limites et précautions

  • Les prix et conditions mentionnés varient selon les communes et le marché local
  • Les dispositifs d’aide (PTZ, prêts régionaux) évoluent chaque année : vérifiez les conditions en vigueur
  • Chaque situation financière nécessite une étude personnalisée par un professionnel

Risques à connaître :

  • Risque de sous-estimation du budget travaux dans l’ancien (écart constaté : 15-40 % vs devis initial)
  • Risque de retard de livraison en VEFA (délai moyen constaté : 3-6 mois supplémentaires)
  • Risque de refus de prêt si taux d’endettement dépasse 35 % avec charges copropriété incluses

En cas de doute, consultez un courtier en crédit immobilier, un notaire ou un conseiller ADIL.

La vraie question maintenant : êtes-vous prêt à patienter pour un logement sans surprises, ou préférez-vous emménager rapidement quitte à gérer des imprévus ? Votre réponse oriente naturellement vers le neuf ou l’ancien. À vous de trancher selon vos priorités et votre tolérance au risque.

Rédigé par Marc Lenoir, agent immobilier spécialisé en transaction résidentielle depuis 2018. Il a accompagné plus de 250 acquéreurs sur le secteur nord de Montpellier, dont 60% de primo-accédants. Son expertise porte sur l'analyse comparative ancien/neuf, l'optimisation du financement et la négociation adaptée au profil acheteur. Il intervient régulièrement auprès de primo-accédants pour démystifier les étapes de l'achat immobilier.